08.03.2008

Etat migraineux

Petit préambule à cette note :

Quand je l'ai écrite, j'étais sous 3traitements de fonds (de quoi assomer un cheval!), Laroxyl, Nocertone, et Epitomax. Et les effets de tous ces médicaments combinés, et surtout de l'épitomax, ça donne une grosse déprime de 3mois, et des bas, des gros bas, comme celui-là :

"Ce matin dans la rue...

Tu as l'impression de marcher sur du coton, tes jambes, tu ne les sens plus.
Le monde autour de toi? Quel monde? Tu ne vois rien, le monde bouge, et tu ne vois rien, tout tourne autour de toi, tu avances, mais tu ne sais même plus comment, c'est un réflexe, question de survie, si tu tombes, tu meurs, les gens pourront bien passer autour de toi, ils ne te verront pas. Parce qu'on ne peut pas te voir tu es absent, il n'y a plus rien en toi, c'est vide la tempête a tout arraché, tout détruit. Tu avances, et tu ne sais pas comment, tes pieds sont loin très loin, tu les vois pas, tu vois plus rien, devant tes yeux, il y a des lumières qui dansent comme des millions de mouches qui attendent ta mort, qui sentent ta mort. Tu voudrais les chasser, mais pas moyen elles sont là accrochées à tes yeux, elles essayent de te faire vaciller, mais elles n'y arriveront pas. Tu cherches, et tu trouves encore une raison d'avancer, une raison de vivre. Jusqu'à la prochaine fois où cette douleur dans ton crâne viendra te chercher, voulant te pousser à tout arrêter, à tout renoncer. Tu te diras encore "à quoi bon tout ça, à quoi bon prendre toute cette drogue puiqu'elle finit toujours par revenir, la salope, la vicieuse," et qu'à chaque fois, elle te gagne presque et qu'elle repart, le sourire au lèvre, parce qu'elle sait qu'à chaque fois elle te tue un peu plus, qu'elle gagne toujours du terrain, et qu'elle s'installe là-haut, bien au chaud, attendant que tu capitules, et toi, et bien toi, tu ne sais plus comment battre, et tu voudrais tout abandonner, la laisser gagner, de toute façon elle a déjà gagné, tu te pourris la santé avec tous ces médocs, elle a déjà gagné.

Et puis quelques heures plus tard, c'est le coucher de soleil là haut, on dirait qu'il n'y a plus personne, la migraine a rangé ses armes, remballé ses soldats, et elle te laisse là, à moitié agonisante, épuisée par un combat qui n'en finissait plus, et tu n'as rien à faire d'autre que dormir, dormir...

Car demain est un autre combat et tu le sais bien.

Lundi 12 Novembre 2007."

 
Tout ça pour dire qu'au final, les médocs, pour moi, c'est juste une béquille, mais que la béquille est elle-même branlante, et qu'on ne peut pas faire une confiance aveugle en les neurologues,  les industries pharmaceutiques. Même s'il y a eu des progrès dans la prise en charge du patient migraineux, je ne suis pas sûre que la solution de soigner tout par le médicament soit la meilleure...
 
Lucie