24.03.2008
Comment parle t on d'un migraineux?
La migraine a cette particularité d'être une maladie connue ...
(pas ce soir chéri, j'ai la migraine" est une de ces "blagues" que je n'ai jamais comprise, ni apprécié)
... sans être reconnue.
Pour beaucoup encore
(et dans beaucoup, il y a les médecins),
ce n'est :
1. Pas une maladie
2. Pas la peine d'en faire un fromage, prends un efferalgan et ça passera
3. Un truc de bonne femme, de capricieuses et de chochottes
4. Que psychologique, psychosomatique
Et là je dis STOP, ouvrons nous un peu que diable et ressaisissons nous.
Certes, les préjugés nous aident à avoir une vie plus simple, à accélérer nos choix,nos décisions, mais lorsque ces même préjugés deviennent une des causes qui poussent un problème dans la gamme des problèmes irrésolvables, dans ce monde qui se veut ouvert, j'en gerbe et je réagis.
Il faut se vider des fois. Non pas pour maigrir mais pour grossir le maigre tas de connaissances qu'a l'être humain sur lui-même.
1. C'est une maladie, handicapante qui plus est, et qui bouffent silencieusement la santé de 7 millions de français (je ne suis pas chauvin, c'est juste qu'il est plus facile d'avoir les stats françaises que mondiales et puis parler de son petit monde rend les choses plus claires pour beaucoup.)
2. Ne traiter cette maladie comme un vulgaire mal de crâne est une erreur qui ne fait qu'empirer la situation. C'est un peu la même chose sous un autre angle, quand on dit migraines pour tous les maux de crâne, les céphalées et le reste qui nous contraignent.
3. Sur 10% de migraineux, 3 à 5% des hommes sont migraineux, et souffrent également des migraines les plus sévères qui soient. Et en plus, ont encore plus de mal à se faire reconnaître et suivre par un médecin tout ça à cause de préjugé comme celui-ci.
4. Oui, la psychologie joue un rôle dans la migraine. On peut avoir des crises d'eczéma par stress, pareil pour la migraine.
Mais ce language passe par le corps. Il y a en effet de nombreuses causes qui poussent un language alors traduit par le corps, mais pas seulement traduit. La forme prise par les maux n'est pas anodine et ne voir qu'une cause à l'effet n'est qu'un hommage à Aristote, et encore pas si sûr. La psychologie humaine peut et fait beaucoup, et c'est tentant de lui donner les raisons de la douleur, lorsqu'on ne s'y retrouve plus, lorsque l'on ne trouve rien, car elle reste une zone d'ombre dans le savoir scientifique humain. Traumatisme aux cervicales dû à un accident de voiture, nutrition inappropriée, fortes variations hormonales sont des facteurs physiques déclenchant. Baisse de pression atmosphérique (lorsqu'un orage arrive par exemple), bruit important, peur ou forte excitation sont aussi des facteurs physiques. Ces problèmes peuvent souvent se regarder sous la loupe de plusieures spécialités et c'est une grave erreur que de réduire le champ des investigations. En tant que détectives des raisons de ses propres soucis, mesdames et messieurs, luttons aussi contre ce genre de préjugés.
Mais la lutte est avant tout menée pour notre propre liberté, n'est ce pas. Alors il faut enquêter.
Prenons la métaphore de la lettre comme symbolique de l'être humain. Lorsque le papier est tâché, lorsqu'il est imbibé et prêt à se déchirer, lorsque la crise survient et détruit la belle lettre romantique en un torchon noir d'encre, sombre mais fragile, dans lequel les mots se perdent et le silence se fait, en clair, lorsque la crise survient et brise d'une frustration sans pareille des moments de vie, on peut chercher à la comprendre, ou plutôt, comprendre les raisons de sa présence.
Mais lorsqu'on regarde l'encre dorénavant séché, car on ne peut pas faire grand chose pendant la crise ne rêvons pas, on peut voir de l'encre fautif, ou bien un stylo qui fuyait, ou bien encore un papier trop fragile, une colère passagère, un faux mouvement ou une bête malchance. Ne voulant pas subir de telles frustrations continuellement, il faut alors avoir l'esprit ouvert face à sa propre incompréhension et chercher réponses auprès des spécialistes.
Les spécialistes sont rarement des personnes très ouvertes hors de leur domaine, et il faut savoir rester critique, actif dans sa recherche, attentif tout de même car ils peuvent en apprendre beaucoup.
Mais ne pas se laisser influencer par la profondeur d'un cas, prendre l'ensemble plutôt que le détail.
On va donc aller voir un papetier qui nous vantera les mérites de son papier qui ne peut que vous faire écrire des lettres magnifiques, l'imprimeur, qui vous proposera une machine à écrire, un vendeur de stylos ( mais pas n'importe lequel, les vendeurs de stylos magiques abondent et il faut se renseigner ), mais peut être aussi un professeur de français qui de sa connaissance des maux nous parlera avec sagesse mais ne pourra pas vraiment nous donner autre chose qu'un peu plus de courage et de convictions, un romantique habitué à la rédaction de lettres qui vous donnera quelques bons conseils de postures de la main et de sens d'écritures, mais qui ne pourra en aucun cas vous aider dans votre propre compréhension des maux.
Une lettre est unique, car c'est le langage d'un stylo, d'une écriture et d'un papier uniques.
Votre migraine est unique car votre corps et votre esprit sont unique. Il faut savoir se prendre alors en mains tout en s'assurant une connaissance de plus en plus profonde de sa douleur et de ses causes afin de mieux vivre. Tout n'est pas aussi noir qu'on peut nous le faire croire car au fond, on parle le même language et aussi nombreuses soient les tâches d'encre sur les lettres, toutes ne sont pas gâchées par elles, et mieux encore, beaucoup de lettres finissent par êtres magnifiques...

Franz Kafka, Journal.
Dr Gnüje et Lulu.
19:10 Publié dans Amy au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : média, santé, migraine, psychologie, psychosomatique



